Ahmed Chekhab exclu du PS!

Publié le

La nouvelle est tombée tard, lundi 21 juillet. Après un léger trouble, voir même la sensation de me faire duper par une simple rumeur, peut-être même une blague de mauvais goût, en réalité oui, Ahmed Chekhab a été exclu du PS. Chacun aura compris mes doutes, mes objections faîtes à ce parti politique et cela n’est pas vraiment récent. Je suis plutôt du genre lucide et hypercritique sur son action, son programme, ses leaders, son hypocrisie verbale et humaine. Mais le temps d’une fraction d’un demi-millième de secondes je me suis trouvé réconcilié avec lui. Cela ne fut pas long, mais cet instant a existé, et qu’importent les raisons tactiques de cette exclusion et le fait que cette personne pourra réadhérer. Au moins le temps d’une fraction d’un demi-millième de seconde.

Mais une fois cet homme exclu par l’association de loi 1901 qu’est le Parti Socialiste, et par l’ensemble donc de toutes ses structures de la base au sommet, est toujours posée la question de son devenir au sein de la Mairie de Vaulx-en-Velin. Madame Geoffroy s’est jusqu’à présent fait fort d’affirmer que les propos à caractère antisémite (ce que personne ne nie par ailleurs) de Monsieur Chekhab n’était d’une simple erreur de jeunesse, comme si l’antisémitisme, le racisme ou l’homophobie pouvait être de simples erreurs. Il va falloir à présent qu’elle maintienne cette version devant son propre parti, devant les autres élus PS de sa majorité, qui, pour certains, souffrent de siéger à coté de Monsieur Chekhab. Il lui faudra également tenté d’expliquer aux élus de Monsieur Bertin comment une majorité réunissant droite et gauche (ces propos ne sont en rien insultants, loin de là !) pourra se construire sur un tel scandale local et national. La promesse, au-delà de fracasser tout ce qui avait fait la spécificité politique et sociale de Vaulx, de Madame Geoffroy, à l’image de son héraut/héros politique, François Hollande, était d’insérer la ville dans une gestion politique « apaisée », où le « dialogue », la « consultation », le « compromis » serait mises en valeur pour le bien commun.

Force est de constater que cela commence plutôt mal, et pas grand monde ne pourra contredire cette simple constatation pleine de bon sens.

Il existe à présent peu de choix à Madame la Maire pour tenter de se sortir de ce mauvais pas qu’elle n’avait sans doute pas envisagé. Et chacun de ses choix aura inévitablement des conséquences sur sa légitimité, son image publique et la solidité de son alliance avec la Bertin-Team.

  1. Démettre, en profitant du calme et du désintérêt général d’août, Ahmed Chekhab de sa place d’adjoint fragilisera incontestablement un des plus importants piliers constituant le vote PS des dernières municipales. Ce monsieur a, il serait infantile de le nier, un certain soutien avec l’ensemble de sa famille, dans une grande partie de la ville. On peut appeler cela des affidés, des obligés, des larbins, mais au finale qu’importe, ces gens votent ce que cet (future-ex ?) adjoint leur demande de voter. Et de ce fait lui octroie un certain poids, disposant d’une certaine influence. Cela inévitablement aurait des répercussions pratiques, et alors que 2017 s’annonce chaud-bouillant pour le PS, se tirer une balle dans le pied au sein de la ville qui fait presque à elle seule la différence au sein de la circonscription s’avèrerait être un pari risqué. Surtout que le plan de carrière de Madame Geoffroy souffrirait grandement d’un exil hors-Assemblée National de 5 ans. Cela impliquerait aussi la perte de l’enveloppe parlementaire de 140.000€ annuel, somme qui a permis des conversions au programme « PS » sans trop de scrupules. Cela compliquerait aussi la bonne gestion de la ville puisque, on le sait par l’écoute de la bande compromettante, Monsieur Chekhab à l’orgueil à fleur de peau et supporterait fort mal de se voir désavoué publiquement. Ce genre de personne tient bien plus à son « honneur » qu’au bien commun. Sa réaction alors, et celle de ses affidés, si aucune contrepartie ne lui était proposée, serait totalement imprévisible.
  1. Confirmer Ahmed Chekhab à sa place d’adjoint en lui confiant un nouveau périmètre d’action et faire ainsi fi des futures poursuites judiciaires qui immanquablement s’abattront sur lui à l’avenir. Plus inquiétant encore, faire un tel choix aurait des conséquences éthiques très inquiétantes. Si prononcer de telles paroles n’entraîne aucune conséquence politique, qui pourra faire le moindre reproche au moindre élu qui se lancerait dans une cascade d’insultes racistes, antisémites, homophobes ou sexistes ? Surtout si pour s’en sortir il suffit de s’excuser, en Conseil Municipal, après avoir salué ses potes dans le public et leur casque de moto au bras pour s’en sortir ? Cela lancerait un message politique clair à l’adresse de tous les vaudais : tous les moyens, les insultes racistes et antisémites ou non, les menaces, les persécutions téléphoniques et verbales sont autorisés dans la destruction politique, humaine dans l’actuelle opposition et leurs alliés objectifs ou subjectifs. En bref, une vaste chasse aux sorcières, sans foi ni loi autre que l’allégeance totale à la nouvelle majorité, serait lancé, contre tout ceux, n’aurait d’importance pour vivre tranquillement sans risquer d’être la cible d’une autre « bêtise » d’un Conseiller Municipal de la majorité ou l’un de ses proches.

A présent le mois d’août avance à grand pas, et sans doute que Madame Geoffroy, en grande politicienne formée dans la pire fabrique à magouille en tout genre qu’est le PS, aura le temps de prendre du recul, de poser une réflexion neuve, et éloignée du lieu du scandale persistant. Et peser le poids de chacune des deux options ainsi présentées à vos yeux et qui semblent être les deux seules pertinentes aux miens.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article