Schizophrène Monsieur Kebbouche?

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Mes amis me décrivent plutôt pro-palestiniens. Je me reconnais sans trop sourciller dans ce terme, même si il cache en réalité ce que je souhaite pour la Palestine, au sens large du terme : une paix juste, durable, donnant satisfaction aux deux peuples et aux quelques minorités généralement oubliées (Catholiques, Arméniens et Grecs Orthodoxes, Bédouins, etc.). J’entrevois ce conflit à l’aube d’un gigantesque combat anti-communautaire et anticolonialiste. Comme des non-musulmans et non-arabes ont aidé le FLN à permettre à l’Algérie d’accéder à l’indépendance, je crois en la possibilité de construire un mouvement large, démocratique, respectueux de chacun, rassemblant des bonnes volontés de toutes les confessions, de toutes les extractions sociales, pour la libération nationale du peuple palestinien, mais aussi du peuple israélien, victime lui-aussi du délire raciste et guerrier de ses élites politico-militaires.

J’essaye d’agir dans ce cadre, en bataillant dans ce cadre, en respectant mon idéal où avant d’être juifs, musulmans, chrétiens ou athées, les individus sont des êtres humains désirant la paix et la justice. C’est ma cohérence. Et je l’assume de bonne foi. C’est une grande qualité que celle-ci, surtout si à l’avenir je venais à devenir un personnage public. Et donc une qualité que j’apprécie chez les personnages publics qui assurent des fonctions au sein de ma ville, mon département, mon pays. C’est une qualité que je peux reconnaître à des personnes que j’exècre, tout en reconnaissant son absence chez des personnes qui me sont proches et que j’apprécie. J’ai la mauvaise habitude toutefois de penser que tout le monde est ainsi et cherche l’intégrité et la cohérence la plus totale, dans leur contact avec les gens, mais surtout dans leur positionnement, tous leurs positionnements publics. Un peu de naïveté sans doute. Et à chaque fois que je pêche en ce sens je ne peux m’empêcher de m’en vouloir.

Et les manifestations de solidarité avec le peuple de Gaza m’ont mise dans cette situation désagréable à l’extrême. En effet, bien que ne souhaitant pas me retrouver dans cette manifestation pour ne pas réveiller une légère agoraphobie, j’ai appris par un ami que Monsieur Kebbouche, directeur de Cabinet de Madame Geoffroy, « Maire » de Vaulx-en-Velin, était présent, le cou entouré d’une écharpe aux couleurs de la Palestine.

Je ne cacherai pas que je n’y ai pas tout à fait cru au début. Avant de me rendre à l’évidence ; Monsieur Kebbouche, militant affirmé du Part Socialiste, est l’avatar parfait de ce qu’est son parti à Vaulx-en-Velin : un être d’un opportunisme absolu prêt à jouer sur tous les tableaux, et en même temps pour grappiller quelques voix et en toute circonstances. Il se retrouve ainsi dans des manifestations pro-Palestiniennes, alors que dans le même temps son Premier Ministre, issu du même PS, déclare que celles-ci sont dangereuses pour la démocratie. Etrange contradiction pour un « cadre » qui en l’absence régulière de Madame Geoffroy à Paris 3 jours par semaine (pour assurer son rôle de soutien auprès du duo Hollande-Valls) se retrouve en situation de quasi-Maire.

Plus étrange encore quand Monsieur Kebbouche ne pipe pas un mot du début du commencement d’une protestation quand le PS interdit les manifestations sur Paris, et assimile les manifestants à des « antisémites dissimulés sous la voile de l’antisionisme ». Pour ceux qui connaissent un peu Monsieur Kebbouche, on ne peut pas dire qu’avec son ami Taz Fartas, il soit le plus modéré sur la question. Mais pourquoi alors est-il membre du parti le plus pro-israélien de la politique française ? N’a-t-il pas compris ce fait incontestable et incontesté ? Ou joue-t-il à l’idiot pour ne pas se griller auprès de sa maîtresse, celle qui le nourrit depuis Mars dernier ? De ce que je peux savoir de ce monsieur, la bêtise n’est pas vraiment la plus grande de ses caractéristiques, loin de là. Il faut donc en arriver à la conclusion qu’il met volontairement l’ensemble de ses convictions de côté, histoire d’être présentable aux yeux du PS.

Et soudain une hypothèse bien plus cynique me vient à l’esprit. Et si au final il n’avait aucune conviction en réalité, et que son attachement à la cause Palestinienne était aussi sincère que celle de Marine Le Pen dans la démocratie ? Et si en réalité lui, son ami Fartas et quelques autres, avaient la mission de maintenir le PS crédible, juste un peu, aux yeux des manifestants, souvent jeunes, souvent issus de l’immigration maghrébine, électorat traditionnel du PS ? En bref s’il était un agent double, une marionnette chargé de faire croire que le PS peut être autrement qu’ultra-pro-israélien, en prenant pour des couillons tout le monde ou presque ? Ça serait gros il est vrai, mais vous savez avec le PS, avec Geoffroy rien n’est jamais trop gros pour tenter de le faire avaler.

Petit rappel aux électeurs d’origines algériennes de Madame Geoffroy, François Hollande est dans le même parti que celle-ci, le PS, et a déclaré qu’Israël avait toute légitimité à prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre sa population. Discours qui résonne dans l’Histoire. En 1954 François Mitterrand, un autre Socialiste, déclarait « l’Algérie c’est la France ! », et envoya des centaines de milliers de soldats français avec la mission « d’éradiquer les terroristes, les moudjahidines arabes» et par tous les moyens. Qu’aurait fait alors Monsieur Kebbouche ?

Et si Saïd Kebbouche était une marionnette volontaire en fait ?

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